Conférence de presse du président de la République

Conférence de presse du président de la République, François Hollande (extraits)

Paris, 14 janvier 2014

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La zone euro/l’Union bancaire/la croissance/l’emploi/le détachement des travailleurs

L’avenir de la France, c’est aussi l’avenir de l’Europe. Je pourrais retourner la formule. L’avenir de l’Europe, c’est l’avenir de la France. En 2013, des résultats importants ont été acquis. La Zone Euro, que l’on disait en péril, elle l’était d’ailleurs, a été stabilisée. Aucun pays n’en est sorti. D’ailleurs, ceux qui étaient les plus mal en point sont aujourd’hui en situation de pouvoir se financer sur les marchés. L’Union bancaire, cela peut paraître compliqué, c’est pourtant simple. C’est pour éviter qu’il puisse y avoir des crises bancaires qui surgissent et qui demandent aux contribuables ensuite de payer l’addition. C’est terminé. L’Union bancaire a été mise en place. Elle nous prémunit des crises. S’il devait y avoir une défaillance d’une banque en Europe, personne, sauf les banques, n’aurait à en assurer le secours.

Oui, il y a eu des progrès, pas suffisamment. Un pacte de croissance, qui, à mes yeux, aurait pu être plus ample. L’emploi des jeunes, qui était considéré comme une priorité, mais avec des moyens qui auraient pu être plus élevés. Il y a eu des progrès sur le sujet du détachement des travailleurs, qui posait, notamment en Bretagne, mais pas simplement en Bretagne, de nombreux secteurs, des problèmes de concurrence insupportables. Là aussi, saluons les victoires qui ont été obtenues.

La France/l’Allemagne/l’économie/l’énergie/la défense

Mais l’année 2014, elle ne peut plus être simplement de colmater les brèches, d’éviter les crises ou de prévenir simplement la récession. Cela doit être aussi la relance de l’Europe. Je l’avais évoqué lors de la dernière conférence de presse. Ces initiatives pour l’Europe, elles doivent d’abord être entre la France et l’Allemagne. Je fais trois propositions.

Une initiative pour une convergence économique et sociale entre la France et l’Allemagne. De ce point de vue, la décision allemande, dans le cadre de la grande coalition, d’instaurer un salaire minimum, est un premier pas. Mais nous devons aussi, nous – c’est le sens du pacte de responsabilité dont je parlais – harmoniser les règles fiscales, notamment pour les entreprises, entre la France et l’Allemagne.

Deuxième initiative : nous coordonner pour la transition énergétique. Ça, c’est un grand enjeu pour l’Europe. Mais nous devons, France et Allemagne, montrer l’exemple. Dans le développement des énergies renouvelables, l’Allemagne a pris de l’avance. Dans le stockage et les réseaux d’énergie, là, nous pouvons aussi montrer que nous sommes en avant-garde. Et surtout, dans la constitution de filières industrielles communes pour la transition énergétique.

Nous sommes très fiers du résultat d’AIRBUS, exceptionnel, grande entreprise franco-allemande, mais pas simplement franco-allemande, européenne. L’idée, c’est de faire une grande entreprise franco-allemande pour la transition énergétique. Une belle alliance.

Enfin, la dernière initiative pourra surprendre. Je souhaite qu’il y ait un couple franco-allemand qui puisse agir pour l’Europe de la défense. Bien sûr, il y a la Brigade franco-allemande, Jean-Yves LE DRIAN pourrait en parler mieux que moi. Mais nous devons faire davantage qu’une brigade. Nous devons montrer une responsabilité commune pour la paix et la sécurité dans le monde.

Il va y avoir un Conseil des ministres franco-allemand qui va se réunir à Paris très prochainement, le 19 février. Nous allons poser un principe, la Chancelière et moi-même. Que nos deux gouvernements se coordonnent en amont sur tous les grands projets. Cette dynamique franco-allemande nous permettra, si nous en sommes capables et je crois que nous le serons, de relancer l’idée européenne, au lendemain des élections au Parlement européen.

Le gouvernement de la Zone Euro/l’idée européenne

Nous devons avancer vers une Union économique et monétaire, avec une Zone Euro qui puisse avoir un vrai gouvernement et avec des objectifs qui seraient la croissance, l’emploi, y compris même sur le plan industriel et avec une capacité financière qui pourrait nous donner des moyens pour agir. Ce serait ça un gouvernement de la Zone Euro.

Je veux ici rassurer les frileux, notamment à la veille de ce Parlement européen qui va être renouvelé, il ne faut pas avoir peur de l’Europe, il faut plutôt craindre qu’elle ne s’affaiblisse et qu’elle ne finisse par disparaitre. Faire l’Europe, ce n’est pas défaire la France. C’est, au contraire, en renforçant davantage l’Europe que l’on protègera davantage la France.

Je ne laisserai pas faire, au cours des prochains mois, ceux qui veulent en terminer avec l’idée européenne. Pas seulement en France, il y en a d’autres, parfois même aux gouvernements. Je ne laisserai pas faire ceux qui veulent en terminer avec l’idée européenne ou ceux qui veulent briser l’acquis communautaire, c’est-à-dire tout ce qui a été fait depuis des générations et des générations.

Je ne laisserai pas non plus faire ceux qui veulent sortir de l’euro, qui pensent ainsi sauver la Nation alors qu’ils la mettent en péril. Parce que notre avenir, c’est dans l’Europe, mais une Europe que nous devons réorienter.

Discours - la conférence de presse du président de
la République au Palais de l’Élysée

publié le 22/01/2014

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