Gaz à effet de serre : la recherche franco-irlandaise progresse

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Dr Brian Griffiths
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Dr Laurent Philippot

« Le Dr Bryan Griffiths, du Teagasc, spécialiste en biologie du sol, et moi-même, directeur de recherches de l’unité Agroécologie au sein de l’INRA Dijon, avons obtenu en 2010 un PHC Ulysses. Grâce à ce premier outil, nous avons pu engager une collaboration plus soutenue dans le contexte du projet européen EcoFinders.
Nos équipes de l’INRA et du Teagasc travaillent sur l’azote, l’un des éléments constituant les macromolécules essentielles à la vie sur terre. Il existe sous différentes formes et ses transformations sont largement contrôlées par les microorganismes. La disponibilité des formes azotées indispensables à la croissance des plantes est souvent limitée dans les agro-écosystèmes. Avec le développement des activités humaines notamment liées à l’utilisation de fertilisants, les émissions d’azote dans l’environnement ont été multipliées par plus de trois en Europe. Parmi ces émissions, celles de protoxyde d’azote (N2O) sont particulièrement importantes car ce gaz à un rôle significatif dans l’accroissement de l’effet de serre et la destruction de l’ozone stratosphérique. Notre recherche porte sur l’identification de possibilités d’orienter l’activité des microorganismes impliqués dans le cycle de l’azote pour limiter les émissions de ce gaz à effet de serre et les pertes d’azote.

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Dr Fiona Brennan

Le financement d’une post-doctorante (Dr Fiona Brennan) par l’Ambassade de France, la région Bourgogne et le Teagasc nous a permis de mettre en évidence de très grandes différences entre les sols européens dans leurs capacités à agir comme un puits de gaz à effet de serre et à éliminer le N2O. Ces travaux de chercheurs français, irlandais et suédois publiés dans Nature Climate Change montrent que cette variabilité est liée à un nouveau groupe de microorganismes consommant le N2O. L’ensemble de ces résultats souligne l’importance de la biodiversité microbienne pour le fonctionnement des sols et pour les services qu’ils délivrent.
Les chercheurs travaillent actuellement sur l’identification de pratiques agricoles pouvant stimuler ce nouveau groupe de microorganismes consommant le N2O pour une production agricole durable. »

Références :
Jones C.M., Spor A., Brennan F.P, Breuil M.C., Bru D., Lemanceau P ., Griffiths B., Hallin S., Philippot L. 2014. “Recently identified microbial guild mediates soil N2O sink capacity.” Nature Climate Change. 4, 801–805 (2014) Un résumé de l’article est disponible en cliquant ici [lien vers http://www.nature.com/nclimate/journal/v4/n9/full/nclimate2301.html ]

publié le 02/10/2015

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