L’implication de l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris [en]

Mémorial France – Irlande : Genèse de la participation des Beaux-Arts de Paris.

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Lorsque, le 11 novembre 2015, les Beaux-Arts de Paris ont commémoré l’armistice de la Grande Guerre, ils ignoraient que, deux jours plus tard, le 13 novembre, ils seraient directement affectés par les attentats intervenus ce même jour en Ile-de-France, avec le décès de l’un de leurs étudiants.

Cet événement rappelait aux générations ayant bénéficié de plusieurs décennies de paix la naïveté de croire à une paix perpétuelle acquise sans effort ainsi que le prix particulièrement lourd payé par la jeunesse dans les conflits. Le cours des choses se chargeait également de rappeler – si besoin en était – l’importance des monuments, dont étymologiquement l’objectif est de « rappeler », « faire songer à quelque chose ou à quelqu’un ».

Ainsi, les Beaux-Arts de Paris n’ont pas hésité une seconde lorsque M. Jean-Marc Todeschini, secrétaire d’Etat en charge des Anciens Combattants et de la Mémoire, les a sollicités pour concevoir, dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale et dans le cimetière de Glasnevin à Dublin, un monument aux Irlandais ayant combattu pour la défense et la liberté de la France, notamment lors de la Grande guerre.

Patrice Alexandre, professeur de sculpture à l’École et 5 étudiants de son atelier, Anaïs Ang, Cécilia Breuil, Hadrien Gunther, Alexander Raczka et Théophile Stern ont alors accepté de bâtir en très peu de temps une œuvre commémorative, tout à la fois hommage aux disparus et éloge d’une Europe qui nous a valu, un demi-siècle durant, une parenthèse de paix dont il importe de mesurer le caractère inouï.

Cette commande, la première du genre dans l’histoire des Beaux-Arts de Paris, a permis de construire une pédagogie axée autour d’un savoir-faire particulier, mobilisant tous les enjeux liés à l’érection d’un monument. L’analyse de ces enjeux, en amont du projet et sur le site lui-même, a ainsi contribué à sensibiliser et former les jeunes artistes à une démarche intellectuelle et artistique singulière.

La mise en écho de la culture irlandaise et française dans un même espace donne lieu à un parcours signifiant, dont la Grande Guerre est la pierre angulaire. Pour ce monument, deux éléments hautement symboliques ont été choisis de concert par le ministère de la Défense, le secrétariat d’État en charge des Anciens Combattants et de la Mémoire, le ministère des Arts, du Patrimoine, des Affaires régionales, rurales et gaéliques, la Fondation Glasnevin et l’ambassade de France en Irlande : la Croix de Ginchy et le texte d’une tribune du Maréchal Foch publiée en 1928 dans le quotidien irlandais The Irish Times qui rend hommage à la bravoure des volontaires Irlandais durant la Première Guerre mondiale.

Cette collaboration se veut un témoignage de la solidarité des Beaux-Arts de Paris avec la détresse de leur temps, au travers d’une célébration de la mémoire de nos compatriotes européens morts dans les conflits du passé. C’est également un hommage rendu par de jeunes Français à la forte solidarité exprimée par les Irlandais à l’occasion des attentats terroristes qui ont frappé la France en 2015 et 2016.

publié le 07/11/2016

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