La France en Irlande Ambassade de France à Dublin
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La Chancellerie et son histoire [ en ]


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36 Ailesbury Road
Dublin 4

L’Ambassade est une maison historique par le rôle qu’elle a joué dans la lutte de l’Irlande pour son indépendance. Elle a été construite en 1920 par Mrs Nell Humphreys, de Limerick, qui y habitait avec sa famille et sa sœur, Miss Anno O’Rahilly.

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Nell Humphreys

Leur frère, le commandant O’Rahilly, fut l’un des leaders des Volontaires Irlandais (Irish Volunteers). Ce fut lui qui convoqua, le 11 novembre 1913, la première réunion constitutive de cette unité. Il fut tué dans le Soulèvement de 1916 en montant à l’attaque d’une barricade située près de la Grande Poste de Dublin.

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Le commandant et Anno O’Rahilly

Sa femme était américaine, elle avait été élevée en France. Au début de leur mariage, M. et Mme O’Rahilly habitèrent à Paris pendant un an environ.

La maison fut construite par Batt O’Connor, ami intime de Michael Collins. Une cachette, qui se trouvait à l’emplacement actuellement occupé au premier étage par le cabinet de toilette, fut aménagée dès le stade de la construction ; la guerre d’indépendance était alors en cours et les dirigeants irlandais prenaient leurs précautions. Cathal Brugha, Ministre de la Défense du Gouvernement irlandais clandestin, en fit son quartier général pendant de longues périodes ; il dormait dans la cachette.

Nombreux sont les leaders irlandais, y compris Eamon De Valera, Arthur Griffith, Michael Collins, qui vinrent dans cette maison. Elle servit à des réunions du Gouvernement du Dáil, à des membres de l’État Major et à des tribunaux républicains.

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Michael Collins

Malgré de multiples raids, la cachette ne fut jamais découverte. Il arriva une fois que deux des membres de l’Armée Républicaine (Active Service Unit) y étaient cachés pendant une fouille qui dura plusieurs heures.

A l’époque de la guerre civile, la famille Humphreys appartenait au parti républicain et la maison fut le quartier général de la région de Dublin. Dans la matinée du 4 novembre 1922, des unités de l’Etat Libre (Free State Troops) firent un raid sur la maison. Elles allèrent directement à la cachette. Ernie O’Malley, qui était Chef d’État-major adjoint des forces républicaines, s’y trouvait ; il en sortit en courant, le revolver à la main. Au cours de la lutte, il tua un soldat, en blessa plusieurs mais pendant cet échange de coups de feu, une balle frappa Miss O’Rahilly à la mâchoire.

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Eamon De Valera

O’Malley chercha ensuite à s’échapper par derrière ; un soldat à l’abri du mur d’entrée tira sur lui et le toucha à plusieurs reprises (ce n’était pas sa première blessure : avec l’aide d’un soldat britannique, il s’était sauvé de la prison de Kilmainham, où il se trouvait sous le coup d’une condamnation à mort). Il réussit à se traîner de nouveau jusqu’à la maison où il fut ensuite capturé.

Alors que l’on emportait Miss O’Rahilly sur un brancard, elle murmura à l’oreille de la femme de chambre : « il y a de l’argent derrière un rideau dans ma chambre, donnez-le à la première personne qui sonnera. » Il s’agissait de plusieurs milliers de livres sterling et cette somme représentait la totalité d’un fonds pour les familles des prisonniers dont Miss O’Rahilly était la trésorière. Le premier visiteur fut le livreur de la boulangerie. Lorsqu’il eut remis ses pains, la femme de chambre lui confia cette somme considérable en billets de banque. Bien que le livreur ne participât pas au mouvement et que son salaire de l’époque ne dût guère dépasser 2 £ par semaine, il restitua l’argent peu après sans qu’il ne manquât un sou.

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Ernie O’Malley

Quelques mois plus tard, au cours du printemps de 1923, une grenade à main fut jetée dans le vestibule. En explosant, elle ne fit que peu de dégâts. Les traces en étaient pourtant encore visibles avant les travaux de remise en état de la maison en 1969.

Lorsque l’Ambassade de France acquit en 1968 le 36 Ailesbury Road, il fallut refaire les parquets pour installer le chauffage central ; une latte coulissante apparut dans ce qui est actuellement le bureau de l’Ambassadeur. Dans cette cachette, se trouvait une baïonnette, de fabrication française, probablement un souvenir que les sœurs gardaient du commandant O’Rahilly qui avait été directeur de l’armement des Volontaires. Il semble que la poignée ait été fabriquée chez un tourneur pour faire de la baïonnette une épée.

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