La France & l’Irlande dans la lutte contre le SIDA

La collaboration franco-irlandaise entre l’équipe du Dr Virginie Gautier (University College Dublin) et celle du Prof. Olivier Rohr (Université de Strasbourg), débutée par un partenariat PHC Ulysses, vient de remporter un financement compétitif européen pour leur consortium de recherche sur la recherche contre le virus du SIDA, "EU4HIVCURE".

Dr Virginie Gautier vous travaillez au sein de University College Dublin sur le virus du SIDA. Pourriez-vous nous expliquer sur quoi portent vos recherches ?
Je travaille au Centre for Research in Infectious Diseases (CRID) situé à University College Dublin (UCD), où je dirige une petite équipe de chercheurs. Nos travaux portent principalement sur les réservoirs latents du Virus de l’Immunodéficience Humaine (VIH) ou “virus du SIDA”. Ces réservoirs, où le virus reste à l’état “dormant”, lui permettent de rester “caché” et ainsi de persister malgré des traitements antirétroviraux capables de réduire efficacement la charge virale au-dessous du seuil de détection. Ces derniers constituent un obstacle majeur à la guérison de l’infection VIH. En conséquence, les personnes séropositives doivent suivre un traitement à vie, quand elles ont la chance d’y avoir accès. Les stratégies thérapeutiques en développement ont l’ambition de “réveiller” ces réservoirs viraux et de les rendre accessibles et visibles aux traitements et à notre système immunitaire pour ainsi les éliminer ou en réduire la taille.

Vous travaillez sur la latence moléculaire du virus du SIDA ?
Le fil conducteur de notre programme de recherche est l’interface virus-hôte et son rôle dans le contrôle de la latence du VIH. Il comprend une phase exploratrice utilisant des techniques de criblage protéomique et génomique pour identifier et caractériser de nouveaux acteurs cellulaires susceptibles de réguler la latence du virus, pour pouvoir ensuite les cibler avec des drogues. Ces travaux sont possibles grâce aux financements de UCD, du Health Research Board (HRB), et de l’Irish Research Council (IRC), mais aussi grâce à un réseau de collaborateurs basés en Irlande, en Europe et au Canada .
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Vous venez d’obtenir un financement RISE pour le réseau international "EU4HIVCURE", coordonné par UCD. Comment s’est constitué ce réseau ?
Tout a commencé par unecollaboration franco-irlandaise, avec le Pr Olivier Rohrde l’Université de Strasbourg. Celle-ci s’est concrétisée, en début d’année 2014, par l’obtention de la bourse Ulyssesdécernée à la fois par l’IRC et les Ministères des Affaires Etrangères et de la Recherche en France. Cette interaction bilatérale s’est ensuite développée en un réseau international : le “Consortium EU4HIVCURE” qui comprend six partenaires européens et un partenaire canadien :
- pour l’Irlande, Pr Patrick Mallon (Mater Misericordiae University Hospital) et moi-même ;
- pour la Belgique, Pr Carine Van Lint (Université Libre de Bruxelles) et Pr Stéphane de Wit (Hôpital Universitaire de Saint Pierre) ;
- pour la France, Pr Olivier Rohr (Université de Strasbourg) ;
- pour l’Italie, Dr Alessandro Marcello (ICGEB) ;
- et pour le Canada, Dr Nicolas Chomont (Université de Montreal).
Ensemble, nous avons développé le programme de recherche EU4HIVCURE pour lequel nous avons reçu, en 2015, un financement Horizon 2020 (H2020), le programme-cadre de l’EU pour la recherche et l’innovation.
Cette collaboration est le résultat de rencontres, d’alliances, de réflexion, et d’une évidence : développer un programme de recherche transdisciplinaire et innovant, intégrant les expertises complémentaires des scientifiques et des cliniciens est la seule stratégie constructive si nous voulons développer de nouveaux outils thérapeutiques pour réduire, voire éliminer ces réservoirs viraux.

Et quels sont les enjeux que vous avez fixés pour votre consortium ?
Les enjeux de notre consortium EU4HIVCURE sont multiples. Tout d’abord, favoriser le développement et le partage de connaissances, de technologies et outils de pointe afin d’accélérer la recherche sur le VIH en Europe. Ensuite de faciliter la recherche translationnelle grâce à une collaboration dynamique entre les scientifiques et les cliniciens. En d’autres termes, faire avancer la recherche fondamentale pour mieux comprendre les mécanismes qui régissent la latence du virus, puis transformer ces connaissances en nouvelles stratégies thérapeutiques. Mais la particularité de ce programme est de mettre l’accent sur la formation des jeunes chercheurs, en leur donnant la possibilité, au travers d’échanges et de visites de travailler dans nos centres d’excellence en Europe et au Canada et de bénéficier à plein de cet alignement favorable. On espère ainsi assurer la relève des chercheurs en infectiologie.

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Dr Gautier (TEDx talk)

Voir aussi
- Pour plus d’informations sur l’épidémiologie du VIH : ONUSIDA
- Pour Ecole de médecine de UCD et le profilDr Gautier
- Voir leTEdx talk du Dr Gautier “HIV Cure : what lies beneath ?”

publié le 12/10/2016

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