Le système politique irlandais

1. Une démocratie parlementaire, proche du modèle britannique.

Assisté par son adjoint le Tánaiste, le Taoiseach (Premier Ministre) nomme les Ministres, coordonne l’action du gouvernement et dispose de la possibilité de traiter en propre des dossiers jugés prioritaires. Il préside le Government economic management council, qui réunit le Tánaiste, le Ministre des finances et le Ministre des dépenses publiques. Il est responsable devant la chambre basse du Parlement (Dáil), dont il est membre. La Constitution impose que les Ministres soient tous issus du Parlement.

Le Parlement (Oireachtas) est composé de deux chambres qui élaborent ensemble les lois que promulgue le Président de la République (Aras an Uachtaráin), dont les fonctions sont essentiellement honorifiques (il peut interroger la Cour suprême sur la Constitutionnalité des lois qui lui sont soumises).

Le Dáil est composé de 166 députés (appelés T.D.) élus pour cinq ans (un pour 20.000 à 30.000 personnes contre 1 pour 100.000 en France).

Le Seanad, dont les prérogatives législatives sont limitées par la Constitution (le Dáil a le monopole de l’initiative et des amendements dans certains secteurs comme les lois de finances), est composé de 60 membres élus par divers groupes de représentation et deux universités (Trinity college et National University of Ireland) ainsi que de onze personnalités nommées par le Premier Ministre. La suppression du Seanad figure dans le programme du gouvernement actuel.

2. Le système électoral irlandais

Le système de vote unique transférable (SVUT), en vigueur en Irlande depuis 1922 pour toutes les élections, est aujourd’hui peu employé dans le monde (outre l’Irlande, seule Malte l’applique). Il repose sur un principe de représentation proportionnelle et trouve l’une de ses origines dans la volonté de l’ancien occupant britannique de voir représentée la minorité protestante du pays. Inscrit dans la constitution depuis 1937, le SVUT ne peut être modifié que par référendum. Par deux fois, en 1959 et en 1968, les Irlandais se sont opposés à son abandon.

Les électeurs peuvent classer chacun des candidats selon leur ordre de préférence. Lors des élections générales, les électeurs élisent trois à cinq députés selon la circonscription, sur les 43 que compte le pays. Le dépouillement, qui prend en compte les différentes combinaisons de chaque électeur, est complexe et long (jusqu’à trois jours). Le SVUT sera examiné par la Convention sur la Constitution à l’automne 2012.

3. Les collectivités locales

Les pouvoirs locaux sont constitués au niveau des régions (29 County Councils), des grandes villes (5 City Councils), des arrondissements (5 Borough Councils) et des petites villes (75 Town councils). Ces autorités locales sont dirigées par un conseil composé de conseillers élus tous les 5 ans selon le SVUT. Ils élisent en leur sein tous les ans un Président (Mayor ou Lordmayor pour Dublin et Cork).

Tous les résidents en Irlande, y compris les non-UE, peuvent voter aux élections locales.

Les collectivités locales sont responsables des logements sociaux, de la voirie, des services d’eau, de l’aménagement du territoire, de la protection environnementale, du ramassage des ordures et des infrastructures de loisirs. Leur financement est dépendant de l’Etat qui paie leurs dépenses d’investissement et collecte en leur nom des taxes spécifiques (occupation de locaux commerciaux, taxe sur les véhicules) pour leurs dépenses de fonctionnement.

La réforme des collectivités locales est un sujet récurrent depuis plusieurs décennies avec pour objectifs la suppression d’échelons, la réforme du financement et la réduction des dépenses qui se sont envolées. Le projet de taxe sur l’eau (gratuite pour les particuliers) s’est soldé par des manifestations en 2012.

4. La vie politique irlandaise

Depuis l’indépendance et la guerre civile dans les années 1920, le Fianna Fáil (opposé au Traité de 1922 prévoyant la partition de l’Irlande) et le Fine Gael (favorable au Traité de 1922), deux partis centristes, se disputent régulièrement le pouvoir sans parvenir à la majorité. Le Fianna Fáil a néanmoins bénéficié d’une position dominante de 1932 à 2007, avec des résultats autour de 40% ou plus à chaque élection générale. Pour former des gouvernements, les deux partis centristes traditionnels ont dû recourir à des coalitions avec des petits partis (Labour, verts, progressive democrats notamment).

La crise économique de 2008 et la mise en place du programme d’aide à l’Irlande par la troïka Commission européenne- BCE- FMI en novembre 2010 ont bouleversé le paysage politique irlandais.

Lors des élections générales anticipées de février 2011, le Fianna Fáil a connu un échec cinglant (17,4%). Le Fine Gael, actuellement au pouvoir en coalition avec le Labour, est désormais le plus important parti du pays, loin devant le Labour, le Sinn Féin et les indépendants.

La vie politique irlandaise demeure caractérisée par la prédominance des questions locales et l’absence de clivage idéologique, seul le Sinn Féin proposant des mesures marquées à gauche. Il n’existe pas de force politique d’extrême droite et les mouvements d’extrême gauche sont très faibles (united left alliance regroupe 5 députés).

publié le 09/01/2013

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