Les incroyables propriétés anti-âges des chauves-souris

L’Irlande collabore avec la France pour mieux comprendre le fonctionnement du vieillissement, via l’étude des chauves-souris.

Une longévité exceptionnelle
Pourquoi, malgré leur petite taille, les chauves-souris ont-elles une longévité si exceptionnelle ? C’est ce qu’essaye de comprendre le projet AGELESS, financé par l’European Research Council et conduit par Dr Emma Teeling (University College Dublin).
Les chauves-souris sont les seuls mammifères qui, malgré leur petite taille, vivent si longtemps. En effet, souligne le Dr Emma Teeling, chez la plupart des mammifères il y a corrélation directe entre durée de vie et masse corporelle. Ainsi, alors que souris et rats sauvages peuvent vivre une ou deux années, certaines chauves-souris sauvages peuvent vivre jusqu’à plus de 40 ans.
L’objectif des chercheurs est de comparer les séquences ADN entre les chauves-souris et les humains et de voir les changements dans le sang des chauves-souris au cours de leurs vies et comprendre quels gènes sont activés ou désactivés lorsque les organismes vieillissent. L’une des hypothèses d’explication développée par l’équipe se trouverait dans les mécanismes de réparation de l’ADN. En effet, depuis la séparation entre les ancêtres communs partagés par les chauves-souris et les humains, il a 90 millions d’années, les chauves-souris en ont développé des plus efficaces, notamment à cause de leur capacité inhabituelle à voler de façon soutenue – certaines d’entre elles pouvant en effet parcourir jusqu’à 1 000 kilomètres en une nuit. Elles pourraient donc avoir développé des mécanismes uniques de des télomères plus efficaces, des parties de chromosomes qui peuvent protéger la séquence ADN de la détérioration lors de la réplication des cellules.

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La Bretagne à la rescousse
Un des défis que posait ce projet débuté en 2013 était de trouver des sujets pour l’étude, puisqu’il faut que les chercheurs puissent étudier chaque spécimen pendant une durée substantielle de sa vie, et des sujets sauvages, puisque la captivité a tendance à réduire la durée de vie des animaux. Les chercheurs irlandais ont eu l’idée de contacter un groupe breton de protection de la nature, « Bretagne Vivante », qui étudie des colonies des grands murins. Le groupe fait désormais partie du projet, et suit cinq colonies de grands murins qui vivent en Bretagne, 300 animaux sur lesquels des transpondeurs électroniques ont été implantés pour les identifier et suivre leurs mouvements au gré des saisons. Chaque année, les spécimens sont pesés, leur envergure mesurée et un échantillon sanguin est prélevé pour étudier leur séquençage génétique.

publié le 22/03/2016

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