Mali - Mort de deux journalistes

Paris, le 3 novembre 2013

Mesdames et Messieurs,

L’assassinat hier, au nord du Mali de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon, journalistes à Radio France Internationale est un crime odieux, abject et révoltant.

Le président de la République a immédiatement dit, au nom de la France, son indignation, exprimé ses condoléances à la famille et aux proches et réunit ce matin les responsables d’État qui sont en charge. Des instructions ont été données pour que tout soit mis en oeuvre afin de retrouver les assassins.

Ghislaine Dupont et Claude Verlon étaient des journalistes aguerris et ils ont été assassinés alors qu’ils exerçaient leur métier. À l’instant, le président de la République a reçu les responsables de RFI et je me rendrais moi-même avec la ministre de la culture en fin de matinée pour rencontrer les équipes de ce média.

Je voudrais vous donner un certain nombre d’éléments sur ce dont nous sommes sûrs à l’heure actuelle. Les deux journalistes étaient à Kidal pour réaliser la préparation d’une émission d’ensemble de RFI et ils sont venus pour interviewer un responsable du MNLA. Ce qu’ils ont fait. À la sortie de l’interview, à 13H10 exactement, ils ont été kidnappés par un petit commando et emmenés hors de Kidal. Un peu plus tard, leurs corps ont été retrouvés, à 12 kilomètres exactement de Kidal, assassinés froidement. L’un a reçu deux balles, l’autre trois balles. Leurs corps ont été retrouvés à quelques mètres de la voiture qui était fermée à clef et aucun impact de balle n’a été découvert sur la voiture.

Immédiatement bien sûr, une action a été organisée pour essayer de retrouver les assassins. Les assassins, ce sont ceux que nous combattons, c’est-à-dire les groupes terroristes qui refusent la démocratie et qui ne veulent pas d’élections.

Le président de la République a eu le président du Mali au téléphone et celui-ci lui a réaffirmé sa détermination à ce que les élections aient bien lieu.

De la même façon, il faut souligner que la sécurisation de l’ensemble de la zone et des zones voisines, s’agissant en particulier des ressortissants français, va bien sûr être accrue.

Un crime contre des journalistes, c’est un double crime. C’est un crime contre des personnes qui, je le répète, ont été froidement assassinées dans des conditions odieuses. Mais c’est aussi un crime contre la liberté d’informer et d’être informés. C’est la raison pour laquelle il est d’autant plus important que nous vous fournissions les précisions que je viens de donner et que la presse fasse son travail.

Dans ces circonstances, il y a à la fois une émotion considérable, une indignation extrêmement forte et la détermination de la France de lutter contre le terrorisme./.

publié le 05/11/2013

haut de la page