Maréchal Ferdinand Foch [en]

JPEG

Né en 1851, le maréchal Foch est l’un des hommes les plus célèbres de la Grande Guerre (1914- 1918). On se souvient toujours de lui et on le commémore aujourd’hui pour ses actions qui ont contribué à la victoire des alliés.

Après avoir dirigé le XXème corps de l’armée pour arrêter la progression de l’Allemagne en Lorraine en août 1914 à la Bataille des Frontières (7 août – 13 septembre 1914), en tant que l’un des grands commandants de la Première Bataille de la Marne (5 – 12 septembre 2014), il a démontré à la fois son talent et ses qualités de meneur alors qu’il coordonnait l’action des troupes françaises, belges, et anglaises.

En 1918, ayant prouvé son ingénuité et ses qualités de dirigeant au travers de la guerre, il a été désigné Généralissime et nommé commandant en chef des forces alliées. Il a ensuite essayé de promouvoir un plan d’action coordonné entre les pays alliés. Ses efforts ont été couronnés de succès puisqu’il est à l’origine de la contre-offensive qui a mené à la victoire, lors de la Seconde Bataille de la Marne (15 juillet – 6 août 1918), et enfin à l’armistice le 11 novembre 1918.

Ce même jour, il a été nommé immortel de l’Académie Française (créée en 1635 afin de protéger la langue française), quelque mois après avoir été promu en tant que Maréchal de France en août 1918. Il a aussi reçu le titre de Maréchal de la Grande Bretagne en 1919 et de la Pologne en 1923. Il a passé la période de l’après-guerre à parcourir le monde pour participer à des cérémonies de commémoration des vies perdues pendant la Grande Guerre. Il a notamment écrit un hommage aux soldats irlandais morts lors de la Première guerre mondiale, publié le 10 novembre 1928 dans l’Irish Times. Le Maréchal Foch est décédé six mois plus tard le 20 mars 1929.

JPEG

Hommage du Maréchal Foch aux soldats irlandais qui combattirent sur le sol français et aux côtés des soldats français pendant la Première guerre mondiale

Le 10 novembre 1928, un hommage du Maréchal Foch a été publié dans l’Irish Times à la demande d’un journaliste correspondant basé à Paris. Dans ce texte, Foch dépeint les liens indélébiles établis entre la France et l’Irlande sur le champ de bataille durant la Grande Guerre. Dix ans après l’armistice, Foch exprima ainsi la gratitude de la France pour le soutien apporté par les femmes et hommes irlandais dans ces moments tragiques.

Des extraits de l’hommage ont été gravés sur le monument de pierre et de bronze offert par la France à l’Irlande en souvenir de ces soldats irlandais qui se sont battus et ont perdu la vie lors de la Grande Guerre, mais aussi lors de conflits significatifs qui ont marqué l’histoire française, tels que la guerre Franco-Prussienne (1870 – 1871) et la Seconde guerre mondiale (1939 – 1945).

PARIS, le vendredi 9 novembre 1928,

« Les morts héroïques de l’Irlande méritent pleinement l’hommage rendu par les vivants car ils ont prouvé durant certains des combats les plus sanglants de la guerre mondiale que l’esprit invincible des Irlandais – l’esprit qui les a placés parmi les plus grands soldats du monde – existe toujours et est plus fort qu’il ne l’a jamais été.

J’ai eu l’occasion de mettre à l’épreuve la bravoure des Irlandais qui ont servi la France et, qu’ils soient Irlandais du Nord ou du Sud, d’un parti ou d’un autre, ils ne m’ont jamais déçu.

Certains des combats les plus difficiles dans les terribles jours qui ont suivi la dernière offensive des Allemands ont incombé aux Irlandais, et certains de leurs merveilleux régiments eurent à endurer des épreuves dont on peut dire à juste titre qu’elles auraient pu briser la capacité des meilleures troupes du monde.

SUR LA SOMME

Pas même une seule fois les Irlandais ne m’ont déçu lors de ces jours terribles. Sur la Somme, en 1916, j’ai vu l’héroïsme des Irlandais du Nord et du Sud, je suis arrivé sur la scène peu de temps après la mort d’un vaillant gentilhomme, le capitaine William Redmond. J’ai vu des Irlandais du Nord et du Sud oublier leurs différends séculaires et combattre côte à côte, en donnant leurs vies volontairement pour la cause commune.

En guerre, il y a des moments où la nécessité de faire le sacrifice de sa vie est le devoir le plus impérieux, et beaucoup de moments comme ceux-ci se sont présentés lors de notre interminable lutte. Ces héros irlandais ont donné leur vie volontairement, et en leur rendant hommage j’espère que nous ne laisserons pas notre peine nous faire oublier notre fierté à l’égard du splendide héroïsme de ces hommes.

Ils ont laissé à ceux qui viennent après eux un héritage glorieux et un exemple de sens du devoir qui résonneront encore longtemps une fois leurs noms oubliés. La France n’oubliera jamais sa dette envers les morts irlandais héroïques et, dans le cœur des Français aujourd’hui, leur mémoire continue de vivre comme celle de la mémoire des héros du passé, préservée dans les contes que les personnes âgées racontent à leurs enfants et aux enfants de leurs enfants.

UN HOMMAGE ALLEMAND

Je ne connais pas de meilleur hommage à la bravoure irlandaise que celui rendu, après l’armistice, par un membre du haut commandement allemand, que j’avais connu dans des jours plus heureux. Je lui demandai de m’indiquer à quel moment il avait remarqué pour la première fois le moral fléchissant de ses propres troupes et il me répondit que ce fut après que les troupes d’élite placées sous son commandement eurent, à plusieurs reprises, été confrontées à la détermination des troupes irlandaises lors de la dernière grande avancée, dont il était attendue qu’elle permette de séparer les armées britannique et française et d’offrir ainsi à l’ennemi sa victoire tant espérée.

Les Irlandais avaient enduré tant d’incessantes attaques que les Allemands pensèrent qu’ils seraient tout à fait démoralisés mais ils eurent l’air de toujours retrouver l’énergie avec laquelle attaquer leurs assaillants et, à la fin, la fleur de l’armée allemande flétrit, perdant l’efficacité de sa force.

“ILS N’ONT JAMAIS ECHOUE”

Lorsque le moment de l’offensive tout le long de nos lignes vint, ce furent ces mêmes troupes irlandaises usées que nous plaçâmes en première ligne, faisant appel encore et encore à leur dévouement mais sans jamais être déçus par eux. Dans les jours critiques de l’offensive allemande, lorsqu’il fut nécessaire de sacrifier des vies par milliers pour ralentir l’attaque de l’ennemi, de sorte que nos forces épuisées puissent avoir le temps de se reformer, nous dépendîmes de façon répétée des Irlandais pour livrer ces batailles désespérées, et ils répondirent toujours présents.
Encore et encore, lorsque les plus braves furent requis pour retarder l’avancée de l’ennemi, les soldats irlandais furent toujours prêts et, à tous moments, les soldats de l’Irlande combattirent avec le courage rare et la détermination qui les ont toujours caractérisés sur le champ de bataille.

“NOUS N’OUBLIERONS JAMAIS”

La fleur de la chevalerie irlandaise repose dans les cimetières qui lui ont été réservés en France, et le peuple français devra toujours se rappeler la dette que la France doit à la bravoure irlandaise. Nous devrons toujours voir les tombes de ces héros de l’autre côté de la mer avec amour et nous essaierons de nous assurer que les générations à venir n’oublieront jamais les morts héroïques irlandais. »

publié le 07/11/2016

haut de la page