Valentin Le Douce, chercheur français à UCD

Le Professeur Olivier Rohr de l’Institut de Parasitologie et de Pathologie Tropicale de l’Université de Strasbourg et le Docteur Virginie Gautier, chercheur au Centre for Research in Infectious Diseases (CRID) de University College Dublin (UCD), sont des exemples de la collaboration scientifique franco-irlandaise.

Lauréats d’un mécanisme de soutien financier à la recherche franco-irlandaise (programme PHC Ulysses), leur collaboration sur la recherche contre le VIH-1 se poursuit.

C’est ainsi que le Dr Valentin Le Douce, membre de l’équipe de recherche française du Professeur Rohr, vient de rejoindre l’équipe du Dr Virginie Gautier à UCD. Nous l’avons rencontré.

Comment s’est créée la collaboration entre les deux laboratoires ?

C’est à l’initiative d’une ancienne étudiante en thèse du laboratoire de Strasbourg, le Dr Celine Marban qui faisait son second post-doctorat au sein du CRID à UCD, que les deux laboratoires se sont rapprochés. Olivier Rohr, de Strasbourg, et Virginie Gautier, de UCD, ont décidé de concrétiser leur collaboration par le biais du PHC Ulysses.

GIFCette collaboration tire son sens de la complémentarité entre les deux équipes : la mise en commun des domaines d’expertise des deux équipes, l’entrelacement des thématique de recherche (la protéomique dans le cadre de l’interface virus/hôte et la latence moléculaire), la mise en partage de réseaux scientifiques et favoriser l’accès à des infrastructures spécialisées.
En plus de cette complémentarité matérielle, le PHC a permis aux deux équipes de se constituer un réseau plus étendu, de mettre en commun des fonds pour l’achat de matériel…

Quel est le sujet de recherche sur lequel travaillent les deux équipes ?

Depuis l’identification du virus du VIH, il y a trente ans, la mise au point d’antirétroviraux – dont les premiers ont été introduits en 1996 – a grandement amélioré la survie des patients, mais ils ne permettent toujours pas à l’heure actuelle d’éradiquer le virus.

L’équipe de l’Université de Strasbourg et l’équipe de UCD s’intéressent à la latence moléculaire du VIH, phénomène durant lequel le virus reste inactif, « en sommeil » dans des réservoirs cellulaires. Le problème actuellement est que les anti-rétroviraux, aussi efficaces soient-ils, attaquent le virus actif et réplicatif mais ne peuvent pas atteindre et détruire le virus tapi dans les réservoirs cellulaires. Les anti-rétroviraux contrôlent la maladie et doivent être pris à vie, avec une observance stricte.

Cependant, un traitement par anti-rétroviraux a des inconvénients : il coûte cher, 10 000 $ par an, si le patient arrête d’en prendre, le virus resurgit et devient possiblement résistant aux thérapies… sans compter les effets secondaires des antirétroviraux, qui apparaissent à terme et sont inconfortables pour le patient.

L’équipe cherche donc à comprendre comment le virus entre en phase de « sommeil », comment s’établissent les réservoirs cellulaires et comment les éliminer pour réveiller le virus latent et le rendre sensible aux antirétroviraux. L’équipe de Strasbourg travaille depuis 15 ans sur ce sujet, l’équipe de UCD depuis 4-5 ans.

Quels sont les enjeux ?

Les équipes cherchent à comprendre les mécanismes d’entrée en latence, définir qui sont les acteurs moléculaires de ces mécanismes afin de déterminer des cibles pour élaborer des méthodes de purge des réservoirs par la suite.

De plus, en étudiant les phénomènes impliqués au niveau du virus, les équipes déchiffrent d’autres événements fondamentaux. Nos travaux de recherche nous JPEGpermettent de découvrir et comprendre de nouveaux phénomènes moléculaires associés au système immunitaire et au fonctionnement des cellules de l’hôte. En effet les protéines de l’hôte mettent en sommeil le virus. La compréhension de ces phénomènes permet d’améliorer nos connaissances sur le fonctionnement de base des cellules ou de leur dérèglement, comme dans le cadre du cancer…

Quant à vous, quel est votre parcours ?

Je suis entré en 2008 en tant que doctorant au sein du laboratoire du Pr Olivier Rohr, à l’Université de Strasbourg. J’ai terminé ma thèse au milieu de l’année 2012, je travaillais sur l’étude des facteurs cellulaires impliqués dans la latence du VIH.

J’ai ensuite été assistant-professeur pendant deux ans (jusqu’en août 2014). Par la suite, l’équipe du Dr Virginie Gautier ayant obtenu une bourse Health Research Board pour un poste de post-doctorat, et, grâce à la collaboration entre nos laboratoire par PHC Ulysse, ayant déjà eu l’occasion de travailler ensemble, d’avoir un aperçu de nos méthodes de travail, j’ai terminé mon contrat chez le Pr Rohr pour poursuivre mes recherches dans l’équipe du Dr Gautier. Cette bourse court sur une durée de trois ans et serait éventuellement reconductible pour deux ans.

publié le 02/10/2015

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