Tara Océans, un voilier pour la planète

L’expédition Tara Océans a sillonné les mers entre 2009 et 2013 pour cartographier la biodiversité de ses fonds. A l’occasion de la publication des premiers résultats sur la revue Science, nous vous proposons de revenir sur une expédition scientifique au service du climat.

Une expédition internationale et multidisciplinaire

L’expédition Tara Océans a sillonné les mers entre 2009 et 2013 pour cartographier la biodiversité de ses fonds. Elle a ainsi dévoilé le large éventail d’organismes planctoniques marins qui les habitent, a exploré leurs interactions : ces données constituent des ressources sans précédent pour la communauté scientifique, dont un catalogue de plusieurs millions de nouveaux gènes.

Les expéditions Tara Océans puis Tara Oceans Polar Circle sont les huitième et neuvième expéditions menées à bord de la goélette Tara, de la Méditerranée à l’Atlantique, de l’océan Indien au Pacifique et jusqu’en Antarctique et Arctique, pendant 938 jours.

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Plusieurs tours du monde à son actif

Au total, ce sont 250 membres d’équipage (scientifiques, artistes et journalistes) de 35 nationalités différentes qui ont partagé la vie à bord de Tara. Un bon nombre des 55 chercheurs de l’expédition cosignent les cinq articles publié dans le numéro spécial du 22 mai de la revue Science.

Une expédition soutenue par l’Europe et la France

Cette expédition, soutenue par le Centre national de recherche scientifique (CNRS), le Laboratoire européen de biologie moléculaire (CEA) et le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives et nombre d’acteurs publics et privés, a étudié les écosystèmes planctoniques dans les deux hémisphères et tous les océans.

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Départ du voilier

L’implication de la recherche française au sein de l’expédition est importante, puisque pas moins de quinze laboratoires et centres de recherche différents y ont apporté leur expertise : le CNRS, le CEA, l’Agence Nationale de la Recherche, le Laboratoire d’Océanographie et du Climat, le Génoscope, l’Ecole Normale Supérieure, l’Université Pierre et Marie Curie, l’IFREMERet bien d’autres encore ont apporté leur expertise.

Un français d’Irlande à bord !

Emmanuel Reynaud, chercheur français à University College Dublin, était en charge de la plateforme d’imagerie microscopique à bord de la goélette pendant une partie de l’expédition.

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Le Tara Océans en mer

Une partie de ces clichés a été présentée dans le cadre de l’exposition Tara Océans, avec le soutien de l’ambassade de France en Irlande,lors du passage de la goélette à Dún Laoghaire pendant l’été 2012. L’exposition, avec le soutien de l’ambassade de France en Irlande, a, depuis, elle aussi voyagé : entre l’Allemagne, la Suède, la Grèce, les Emirats Arabes Unis, l’Amérique du Sud … et aujourd’hui la Roumanie.

Les découvertes

L’expédition met en évidence l’importance du plancton pour l’écosystème de notre planète.

Formé en effet d’organismes, d’animaux, de plantes, d’algues, de virus et bactéries à la dérive, le plancton est un maillon essentiel des cycles climatiques et biogéochimiques du globe et il représente 80 % des organismes unicellulaires apparus sur Terre il y a 2,7 milliards d’années. Ces êtres microscopiques produisent la moitié de notre oxygène, influencent et sont influencés par le climat et sont à la base des chaînes alimentaires océaniques qui nourrissent les poissons et les mammifères marins.

Le travail de séquençage conduit par les équipes scientifiques est le plus grand jamais effectué pour les organismes marins, a souligné Patrick Wincker du Génoscope(CEA) : « Les analyses ont révélé environ 40 millions de gènes microbiens dont la grande majorité sont nouveaux, ce qui suggère que la biodiversité planctonique pourrait être bien plus importante que ce que l’on s’imaginait ».

L’expédition Tara Océans a développé une approche écosystémique qui leur a permis d’échantillonner de façon systémique les océans de la planète en y joignant des relevés pour de nombreuses variables environnementales : les données obtenues constituent des points de référence qui permettront d’évaluer l’impact du changement climatique sur les écosystèmes océaniques dans le futur.

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Avant d’héberger les expéditions Tara, la goélette, conçue par le médecin explorateur Jean-Louis Etienne en 1989, avait parcouru les mers du globe sous le nom d’Antarctica jusqu’en 1996. Reprise par Peter Blake sous le nom de Seamaster, elle a été son principal instrument de son programme de défense de l’environnement soutenu par le Programme des Nations-Unies pour l’Environnement (PNUE). C’est en 2003 que le directeur général d’agnès b., Etienne Bourgeois l’acquiert et la rebaptise Tara : il lance conjointement le projet Tara Expéditions pour faire prendre conscience de la fragilité de l’environnement.

publié le 26/05/2015

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