Témoignage de la lauréate irlandaise 2013

JPEG Dans le cadre du programme Culture Lab initié par l’Institut Français pour la première en 2012,191 jeunes du monde entier, ont pu suivre un stage professionnalisant dans le domaine du cinéma, du théâtre, de la musique, des arts visuels et numériques ou du débat d’idées, de Juillet à Septembre 2013.

Grâce au Service Culturel de l’Ambassade de France à Dublin, la lauréate irlandaise, Alice Butler, a pu suivre une formation au Festival international du fim de La Rochelle du 28 juin au 7 juillet 2013.

"Bien que j’aie étudié le français à l’école et même aussi à l’université, cela fait longtemps, et donc la perspective de m’exprimer totalement en français ainsi que de comprendre les autres pendant dix jours, alors que j’assistais au Festival du Film de La Rochelle, était soudainement quelque peu intimidante. Cependant, à l’arrivée, je me suis vite rendu compte que je n’étais pas seule, et que tous mes compagnons sur le programme CultureLab - un dispositif organisé par l’Institut Français - étaient dans le même cas. Nous étions 15, tous âgés entre 19 et 33 ans. J’étais la seule anglophone, Irlandaise de surcroit, ce qui a surpris et m’a satisfaite dans le même temps.
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J’ai beaucoup appris en parlant avec les autres sur le programme, surtout au sujet de leurs propres vies dans des pays un peu partout dans le monde, des endroits pour la plupart que je n’ai jamais eu le privilège de visiter. Il y avait Siamak et Amir d’Iran, Laurent d’Haïti, Marina et Fabio du Brésil et İlkin d’Azerbaïdjan. Fakhir était des Comores et Luca du Monténégro. Sarocha de Thaïlande et il y avait cinq filles de Russie. C’était vraiment la première fois que j’ai pu apprendre à connaitre ou même parler à des gens de beaucoup de ces pays, et le peu que je savais de leur monde est rapidement devenu très clair pour moi. Nous avons tous été obligés de nous appuyer sur le français entièrement, mais nous utilisions souvent une version assez imparfaite de cette langue précise. Nous avons toutefois tous trouvé notre propre façon d’évoquer ce que nous voulions dire, et si nous avons parfois abandonné, c’était presque toujours en rigolant. Nous sommes devenus rapidement amis. Cela nous a aidé énormément d’aller tous voir au moins un ou plusieurs films par jour au festival. Et, bien que nous venions de milieux complètement différents, nous avons eu immédiatement un large éventail d’expériences communes à examiner et à discuter.
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Je me souviens d’un certain nombre de repas que j’ai pris avec Amir, cinéaste et étudiant iranien. Après les cours et les projections du matin, nous déjeunions quelquefois ensemble dans un café modeste, à quelques mètres du lieu principal du festival. Amir avait une connaissance approfondie des films. Il avait étudié le programme du festival intensément, désireux de voir autant de films que possible au cours des dix jours, si bien que son programme était froissé, souligné, et des notes griffonnées accompagnaient les titres de films sur chaque page. Il prenait au sérieux les recommandations sur les films, et il allait en revoir qu’il connaissait déjà juste, pour savourer l’expérience de les voir ensemble avec un public sur grand écran. Ce que j’ai réalisé en parlant avec lui, c’est que, même si nous étions tous les deux intéressés par le cinéma, cette occasion de se rendre en France pour assister à ce festival extraordinaire où un tel grand nombre de films sur un tel éventail de sujets ont été présentés tous les jours signifiait quelque chose de différent pour lui et pour moi.

Le temps que j’ai passé à La Rochelle pour le festival international du film était d’une immense valeur à la fois personnellement et professionnellement. En tant que programmateur de film, c’était une occasion idéale pour moi de passer beaucoup de temps à regarder et à digérer une sélection internationale de films anciens et récents. J’ai énormément profité du temps que j’ai passé là-bas. Par exemple, l’hommage du festival à Billy Wilder m’a inspiré pour écrire un article sur son film Sunset Boulevard (1950) qui, j’espère, sera publié à Dublin en Décembre. Cependant, ce n’est pas seulement Wilder qui m’a inspiré – ce sont les gens que j’ai rencontrés à La Rochelle qui m’ont incitée et encouragée à inter-agir avec le cinéma d’une manière nouvelle, engagée et pro-active."

Alice Butler
Lauréate irlandaise - Culture Lab 2013

publié le 13/09/2013

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