Bientôt un radiotéléscope européen LOFAR à Birr Castle

Visite du site de Birr Castle, un site qui a hébergé le télescope Léviathan et va permettre aujourd’hui à l’Irlande de faire partie du réseau européen LOFAR.

LOFAR (Low-Frequency Array for Radio astronomy) est un réseau d’interféromètres utilisé en radioastronomie. Il représente le plus grand radiotélescope du monde. Officiellement inauguré en 2010, il rassemble des dizaine de milliers d’antennes regroupées dans 48 stations aux Pays-Bas, en Allemagne, en France (à Nançay), en Grande-Bretagne et en Suède.

La combinaison des signaux reçus permet de reconstituer des images du ciel radio basse fréquence. Une de ses originalités vient du fait que chacune de ces stations est elle-même un ensemble d’antennes élémentaires combinées pour former l’équivalent d’une grande antenne unique. Les signaux provenant des antennes sont numérisés, transportés vers un central aux Pays-Bas et traités dans un logiciel pour cartographier le ciel. Ces performances permettent aux radioastronomes d’étudier des sujets comme la formation des galaxies, le champ magnétique dans notre propre galaxie aussi bien que dans des galaxies lointaines, la cartographie profonde du ciel, le Soleil, la détection des rayons cosmiques de très haute énergie et celle de milliers de sources transitoires et rapides comme les pulsars, les explosions d’étoiles, les trous noirs, les exoplanètes.
L’Irlande va intégrer le consortium LOFAR cette année, ce qui devrait permettre d’améliorer de 30% les capacités, d’après Peter Gallagher, professeur à Trinity College Dublin. Le site choisi, Birr Castle, offre l’avantage d’avoir peu d’interférences radio sur place. Il abrite également le Léviathan, un grand télescope construit par William Parsons (1800-1867) avec un tube de 17 mètres suspendu entre deux murs de 15 mètres de hauteur. Le miroir fait 72 pouces (183 cm) de diamètre. Construit en 1843, il s’agissait à l’époque du plus grand télescope au monde.

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Peter Gallagher (TCD), Jane Ohlmeyer (Chair de l’IRC), Lady Alicia Parsons, Alison Margaret Parsons (countess of Rosse) et SEMA Jean-Pierre Thebault

Sur cette thématique, les équipes française (Observatoire de Paris) et irlandaise (Trinity College Dublin) coopèrent dans le cadre du PHC Ulysses, en liaison avec l’Irish Research Council. Leur projet vise à développer de nouvelles méthodes d’étude des éruptions solaires qui peuvent constituer une menace pour les satellites en orbite autour de la Terre dont dépendent, par exemple, les systèmes GPS.

Les équipes françaises et irlandaises ont un rôle de leader au niveau européen, et coopèrent dans d’autres projets, comme FLARECAST (Flare Likelihood and Region Eruption Forecasting, 2.4 M€, Horizon 2020) et HESPERIA (High Energy Solar Particle Events foRecastIng and Analysis, 1.2 M€, Horizon 2020) qui viennent de débuter. Par ailleurs, un post-doc irlandais, formé dans l’équipe de Trinity College, Dr Eoin Carley, vient d’être recruté par l’Observatoire de Paris, dans le cadre d’un financement Irish Research Council / Horizon 2020 (Marie Curie). Son doctorat portait sur l’origine des tempêtes solaires.

publié le 23/08/2016

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