Un train pour le climat

CNRS-Hebdo a pu rencontrer la chef de projet Train du climat

CNRS-Hebdo : Pourquoi avoir mis sur les rails ce Train du climat ?

Béatrice Korc : Au départ, c’est une idée un peu folle imaginée par Catherine Jeandel, du Laboratoire d’Études en géophysique et océanographie spatiale et moi-même, alors directrice de la Culture scientifique de Toulouse Métropole. Christophe Cassou, du Centre Européen de recherche et de formation avancée en calcul scientifique et Serge Planton du Groupe d’étude de l’atmosphère météorologique nous ont ensuite rapidement emboité le pas. Notre objectif ? Permettre au plus grand nombre de nos concitoyens de rencontrer climatologues, spécialistes de l’environnement, géographes, économistes, sociologues… soit l’ensemble de la communauté impliquée sur le changement climatique et ses enjeux. Accueilli très favorablement par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ce projet, labellisé par le Comité intergouvernemental pour la COP-21, est devenu l’événement national de la Fête de la science.

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CNRS-Hebdo : Que va-t-il se passer à bord du Train du climat ?

B. C. : Affrété par la SNCF, le Train du climat sera long de 350 mètres. Les trois premières voitures présenteront une exposition conçue par les Messagers du Climat, un collectif de scientifiques et médiateurs hébergés par l’association Météo et Climat, présidée par Jean Jouzel. La première voiture sera consacrée au climat de la Terre et son évolution jusqu’au réchauffement actuel provoqué par les activités humaines. La deuxième mettra l’accent sur les actions de l’Homme à la fois acteur et témoin des changements en cours. Il présentera en particulier les différents scénarios climatiques pour le siècle à venir selon que l’humanité continue sur la trajectoire actuelle ou modifie ses comportements.

Enfin, la troisième voiture présentera l’éventail des solutions pour lutter contre le réchauffement et s’y adapter. Non pas des solutions clé en main, mais à envisager dans toutes leurs dimensions technologiques, économiques ou sociales. J’insiste sur le fait que cette exposition sera également une occasion de donner à voir la manière dont les scientifiques travaillent sur l’ensemble de ces questions.

Par ailleurs, trois autres voitures seront dédiées aux solutions des entreprises partenaires du Train du climat. Il comprendra également une salle de conférence, une voiture-bar et six wagons pour la logistique. Enfin, chaque étape sera l’occasion de mobiliser, à travers différentes manifestations, les acteurs locaux engagés sur les questions climatiques dans le cadre de la Fête de la science. En particulier, pour montrer les spécificités de chaque territoire par rapport aux dérèglements climatiques, ainsi que les ressources disponibles en matière de recherche scientifique.

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CNRS-Hebdo : On a le sentiment que cet événement bénéficie d’une importante mobilisation de la communauté scientifique. Est-ce exact ?

B. C. : Absolument. Dès l’idée lancée, nous avons eu des retours très positifs des laboratoires. Et les chercheurs ont réellement été les ferments de la mobilisation qui a permis de construire le discours de l’exposition. En tout, une soixantaine de chercheurs se sont impliqués, dont environ 40 seront à bord du train, à raison de 12 chaque semaine. Notre ambition est réellement de stimuler des rencontres, des discussions et des échanges entre la communauté scientifique, à l’origine de l’alerte climatique - et aujourd’hui aux avant-postes de l’élaboration des solutions - et le plus large public possible. Le Train du climat participera ainsi à la nécessaire prise de conscience et la mobilisation sur les enjeux du climat, en donnant à tous des informations et des outils pour penser la situation et faire des choix éclairés.

Entretien publié sur le site du CNRS : http://intranet.cnrs.fr/intranet/actus/151001-train-climat.html

publié le 13/10/2015

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